Après deux années marquées d’incertitudes, c’est avec triomphe que s’est ouvert le 34e Festival National de Théâtre Amateur Contemporain !

Pour son retour, les organisateurs ont choisi 12 spectacles, parmi les 41 candidatures reçues. Une sélection pointilleuse, qui a permis aux spectateurs de voir de formidables pièces, de s’émouvoir, de rire, de partager. 

Nous avons passé 2 jours sur le festival, l’occasion de recueillir la parole des festivaliers, des comédiens, des bénévoles. Qui nous ont parlé avec toute leur sincérité de leur expérience.  

© E. Zeizig – mascarille.com
Moi je crois pas De Jean-Claude Grumberg Tréteaux 90 (Belfort, 90) © E. Zeizig – mascarille.com

Pendant 5 jours, le public s’immerge dans l’ambiance du festival, parcourt la ville, et même au-delà pour assister aux représentations, échange avec les comédiens et comédiennes au Village du Festival. 

La troupe Jeunes de Châtillon-sur-Chalaronne, La Pie Qui Gratte ouvrait les festivités avec On joue dans 40 minutes de Claude Monteil.

Nous avons rencontré Mayeul et Émilie, deux membres de la troupe. 

Mayeul
“Je vais sur mes 18 ans et j’ai commencé le théâtre vers 8 ans et ça fait donc presque 10 ans que j’en fait, ça fait partie de moi et puis ce soir, c’était un grand moment, une grande occasion et c’était super sympa !”

Émilie
“J’ai 19 ans et je travaille en intérim. J’ai commencé le théâtre à mes 15 ans, ça va donc faire bientôt 5 ans. J’aime beaucoup la comédie, le fait de jouer, de ne pas être moi, de prendre la peau de quelqu’un d’autre. Et ce soir c’était une grande occasion de jouer sur une telle scène, avec un décor, quand même assez planté !

Nous avons beaucoup travaillé depuis octobre, malgré le Covid, les absents etc… c’est compliqué. J’ai dû reprendre le rôle d’une autre personne au mois de mars. 
J’ai donc eu 2 rôles à apprendre, et j’ai dû jouer sur les personnages femme et homme.” 

 

Concernant leur retour sur leur prestation de ce soir, ils sont tous les deux heureux d’avoir eu la chance de participer au Festival. 

 

Emilie, sourire aux lèvres “Je suis vraiment contente ! On a entendu les personnes rigoler, c’était super. J’ai vraiment pris du plaisir, même si au début j’avais vraiment le trac et les mains qui tremblaient.
D’ailleurs c’était aussi très bien par rapport au texte de la pièce ! On a habité les personnages ! ” 

 

Tous les deux ont cette passion en commun et veulent continuer le théâtre en amateur. Et même si l’année prochaine Mayeul commence ses études supérieures, il aimerait continuer le théâtre dans cette même troupe et bien entendu avec Émilie.  Tous deux d’une même voix s’exclament “le théâtre ça crée des liens !”

Nous les laissons, car ils souhaitent aller à la librairie du festival avant qu’elle ne ferme. Nous les retrouverons lors des représentations les jours suivants. 

 

 

 

© E. Zeizig – mascarille.com
© E. Zeizig – mascarille.com
© E. Zeizig – mascarille.com

Les représentations de théâtre sont ponctuées de lectures. Le Festival noué un partenariat avec Les Journées de Lyon des Auteurs de Théâtre. Ce sont les Comités Départementaux FNCTA qui mettent en voix les textes remarqués aux JLAT. 

Pour les comédiens et comédiennes qui y participent, c’est aussi un autre travail et une autre implication.

“Moi je le vois comme un gros travail sur la forme.” nous explique Vivien, comédien du CD69 qui sort tout juste de la lecture de Sara Jevo de Veronika Boutinova. 

“J’ai rencontré Jean-Paul sur un atelier lecture et il recherchait des lecteurs. Et quand j’ai vu le texte, qui est puissant, dramatique, je me suis lancé. Et ça m’a permis de découvrir le Festival de Châtillon. C’est la première fois que je viens au festival et la deuxième fois que je fais une lecture ! 
Nous nous réunissions une fois par semaine, tous les 15 jours. Et comme Jean-Paul est un driver, il y a amené une belle énergie. Moi ça m’a beaucoup aidé par rapport à moi, et grâce aux exercices qu’il donnait. 
Le travail de la lecture est différent, c’est aussi pour cela que je me suis lancé dedans en même temps qu’Alice, qui est un plus gros projet et qui demande une plus grosse implication. 

Ce qui est confortable dans la lecture entre guillemets, c’est que tu n’as pas à apprendre le texte tu n’as pas à le mémoriser. Tu dois t’en imprégner mais pas forcément te le rentrer dans le cerveau à coup de butoir ! Tu prends tes notes et tu essaies de moins chuinter au possible !” 

Michèle, de la Troupe entre deux actes de Lyon nous rejoint. Elle a aussi participé à l’atelier lecture à la Journée du Comédien du CD69 et comme ça lui a plu, elle s’est lancée dans l’aventure. 

“Je n’en avais jamais fait ! La première expérience, ça a été génial et quand Jean-Paul m’a dit qu’il cherchait des lecteurs sur Sara Jevo, je lui ai dit que j’étais intéressée. Et voilà ! 

Le travail est différent mais intéressant. On fait d’abord la découverte de la lecture, on la lit sans émotions, ce qui n’est pas simple et puis après on travaille le texte. La mise en scène est toujours réduite mais c’est toujours ce qui est bien c’est qu’on est libéré de l’apprentissage, on peut rentrer dans l’histoire, on a l’appui du texte et on suit les directives du metteur en scène. Et on était bien coaché ! Il y a le phrasé que l’on travaille, et les phrases muettes. Chose au théâtre que l’on fait rarement, avec tous les e muets !

Le public était très attentif, très à l’écoute, et il sentait les émotions. J’ai eu leurs émotions, il y avait un partage, un moment fort !” 

Pour Mohammed, président du Comité Départemental Rhône, lui a choisi de faire cette lecture dans un premier temps pour le texte.

“C’est un texte nietzschéen ! Par les atrocités qu’on y décèle, qu’on voit. Mais il y a aussi un appel, un appel à l’Europe, à l’universalisme. Toutes ses religions, toutes ces différences, ça parle de racisme, de discriminations… Et c’est aussi un challenge, car je ne suis plus monté sur scène depuis 2018. Je suis content de moi ! Après j’avais le rôle le plus facile, j’avais les didascalies, mes copains m’on bien aidé !

Il y a une différence entre la lecture et le jeu. On ne peut pas se lâcher dans la lecture.” 

Que la noce commence De Didier Bezace Théâtre des 400 Coups (Brignais, 69) © E. Zeizig – mascarille.com

Le Festival c’est aussi toute une équipe de bénévoles qui s’affaire, au bar, pour les navettes entre Châtillon et Saint-André-de-Corcy, à la réception des troupes, à la billetterie. Mais aussi en amont du festival. 

Suite à la Lecture de Sara Jevo de Veronika Boutinova par le CD69 de la FNCTA, nous sommes allés voir Chantal, bénévole du festival et qui a participé à la sélection des pièces. 

“ Le texte m’a bouleversé ! Il sert à ça aussi le texte…

On choisit différentes pièces mais on choisit quand même toujours des pièces qui ouvrent la conscience. On choisit des pièces qui favorisent la pensée, le questionnement, la remise en question même. 

La sélection c’est un moment fort, ce n’est pas toujours facile. On défend une pièce, mais qui n’est pas forcément prise, ça nous remet en question, on ne peux pas prendre tout le monde, des choix se font, mais à chaque fois qu’il y a ces choix, il y a analyse des pièces, et une analyse aussi sur soi aussi, on se questionne sur pourquoi on choisit telle ou telle pièce. C’est un moment riche !”

L'Or qu'elle trouve en elle De Giancarlo Ciarapica Cie de la lettre G (Lyon, 69) © E. Zeizig – mascarille.com

Un moment riche en effet, un endroit chaleureux où le public vit, parle de théâtre et confronte leur point de vue. D’ailleurs, Les Fausses sorties qui ont lieu tous les matins à 9h en sont l’exemple. Pour démarrer la journée, des temps d’échanges sont organisés au Village du festival autour des spectacles et des lectures de la veille. 

Régis Meney, auteur de théâtre et romancier, vient au festival depuis 20 ans. 

“C’est un moment toujours sympathique, il y bien sûr l’intérêt de faire des rencontres et en particulier grâce à un lieu commun si je puis dire, c’est-à-dire un centre où l’on trouve une librairie, la restauration etc… donc on peut rencontrer des auteurs, des comédiens, des metteurs en scène et ça c’est le grand point fort de ce festival je trouve.

Je viens pour toute la durée du festival, avec toutes les difficultés d’hébergement que ça comporte, mais ça en vaut la peine parce que l’on développe des liens intéressants avec des gens, des bénévoles qui travaillent à ce festival depuis longtemps et qui sont des valeurs sûres. 

Je retrouve avec plaisir des personnes, et qui permettent d’avoir des conversations extrêmement riches. 

Nous sommes sur un festival amateur et les comédiens se mettent en danger. Il faut respecter cet engagement, qui a un côté presque physique. Quand les comédiens nous parlent de leur tract par exemple, c’est évidemment très physique. 

Je remarque qu’il y a des amateurs qui jouent très très bien, en tant qu’auteur, je ne serais pas du tout vexé d’être joué par des amateurs, bien au contraire. c’est aussi pour ça que je viens ici.” 

L'Avide Homme Par Double-Mètre & Contre-Mètre (Riom, 63) © E. Zeizig – mascarille.com

Invitée par le comité d’organisation et l’Union Régionale, j’ai pu assister pour la première fois à ce Festival. J’ai été touchée par la qualité des spectacles, le choix des textes et l’immense talent des compagnies présentes. 

Le festival c’est aussi des moments de partage et d’échange, autour d’un café ou un verre de vin (selon l’heure !), pour discuter de ce que l’on a vu, de ce que l’on a aimé. 

Nous partons du festival, avec l’envie de revenir l’année prochaine, et avec en tête les paroles de Chantal :

“Et puis à côté de ça il y a l’amitié aussi, il y a ce que l’on partage le repas, le vin et ça c’est magnifique aussi ! 

Je trouve que se réunir tous ensemble comme ça, à table ou lors des spectacles, ça participe aussi à la paix. Ça prouve que l’on est capable de manger ensemble, de regarder des pièces de théâtre ensemble, de vibrer ensemble. Et je trouve que ça c’est porteur de paix ! Ce festival on sait que ça va être un bon moment donc on se le garde. On se dit bah tiens, à l’ascension on aura ce bon petit moment, on verra des gens. Des gens souriants, des gens qui ne sont pas forcément souriants mais peu importe, ils ont encore quelque chose à dire, qui ont un sourire à nous donner et c’est bien agréable.” 

 

Un immense bravo à toutes les compagnies, aux organisateurs et bénévoles et bien sûr au public. Longue vie au théâtre amateur ! 

 

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